Les métiers socioculturels et les associations de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’inscrivent dans une histoire et un modèle politique fondés sur la reconnaissance de l’action associative comme levier essentiel de démocratie, d’émancipation et de cohésion sociale. Participer à la manifestation du 12 mars 2026 à Bruxelles, c’est se positionner dans cette continuité et dans la défense de ce modèle aujourd’hui fragilisé.
En FWB, le travail socioculturel ne se limite pas jusqu’ici à la mise en œuvre de services ou d’activités. Il vise explicitement, à travers les décrets jeunesse, éducation permanente, centres culturels ou encore accueil de l’enfance, l’émancipation individuelle et collective, le développement de l’esprit critique, l’accès aux droits culturels et la participation citoyenne. La prochaine mobilisation sera l’occasion de rappeler que ces missions constituent un pilier démocratique et non un supplément facultatif soumis aux seules contraintes budgétaires ou gestionnaires.
Les libertés associatives sont au cœur de ce modèle. La capacité des associations à s’organiser librement, à expérimenter, à interpeller et à porter une parole critique est une condition indispensable à leur rôle éducatif et culturel. Or, la multiplication des exigences administratives, la normalisation croissante des pratiques, certaines pressions implicites sur la parole associative et l’avant-projet de loi du ministre de la Sécurité et de l'Intérieur (procédure accélérée de dissolution administrative d’une association et d’un groupement de fait) fragilisent cette autonomie. Se mobiliser le 12 mars prochain permettra de réaffirmer que le subventionnement public en Fédération Wallonie-Bruxelles repose sur un principe de confiance et de partenariat, et non sur une logique de contrôle ou de mise au pas.
Les associations socioculturelles et de jeunesse jouent également un rôle fondamental dans le travail d’émancipation des enfants et des jeunes. Elles offrent des espaces où ceux-ci peuvent s’exprimer librement, débattre, expérimenter la démocratie vécue, apprendre à coopérer et à s’engager collectivement. Ce travail éducatif de longue haleine nécessite de la liberté pédagogique, du temps et des équipes soutenues et reconnues. Toute fragilisation du secteur associatif a des répercussions directes sur la qualité de ces parcours éducatifs et sur le droit des jeunes à une citoyenneté active. Dans un contexte où la jeunesse est une des cibles des mesures de l’austérité (voir notre actu du 02/12/2025), où elle est principalement abordée sous l’angle de la prévention, de l’employabilité ou de la performance ou encore de la future chair à canon, la mobilisation permettra aussi de rappeler une vision des enfants et des jeunes comme citoyens à part entière, porteurs de droits, de paroles et de capacités d’action. Défendre les associations de jeunesse, c’est défendre cette vision humaniste et émancipatrice.
Participer à la manifestation du 12 mars sera aussi un acte de cohérence professionnelle et éducative. Les travailleurs et travailleuses socioculturels encouragent quotidiennement les publics qu’ils accompagnent à s’exprimer, à s’engager et à prendre part à la vie démocratique. Se mobiliser, c’est montrer que ces valeurs ne sont pas seulement transmises, mais aussi incarnées.
La mobilisation sera évidemment aussi le moyen de défendre les conditions de travail nécessaires à la qualité des missions reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’émancipation, la participation et la créativité ne peuvent se déployer sans équipes stables, moyens suffisants et reconnaissance pérenne institutionnelle.
Enfin, manifester le 12 mars 2026 prochain à Bruxelles sera l’opportunité de s’associer aux multiples voix des travailleurs tout secteur confondu qui se font entendre depuis un an et de marcher à leurs côtés pour lutter pour un projet de société solidaire et égalitaire qui défend en somme le droit au bonheur et à la qualité de vie pour tous et toutes.