Au pays de l’Arizona, la politique d’austérité est de mise. En bons cowboys, nos politiques privilégient l’armement au détriment de toute une série de secteurs. Et si bien sûr, on n’entend pas de la part des politiques de volonté de nuire spécifiquement aux femmes, celles-ci sont pourtant parmi les premières victimes de ces choix.
Le gouvernement actuel nous dessine des carrières plus longues et plus pénibles : des heures supplémentaires sans compensation, des périodes de maladie, de chômage ou de crédit-temps qui sont déduites du calcul de la pension, un « malus pension » si la carrière n’est pas « complète » (42 ans de carrière et chaque année, pour « compter », doit être prestée à 75 %). Les premières victimes ? Les personnes à temps partiel… et donc les femmes.
Les femmes, encore et toujours
Aujourd’hui encore, ce sont elles qui ont les carrières les plus « incomplètes » : 40 % des femmes salariées sont à temps partiel (tous secteurs confondus). Dans une grande partie des cas, ce temps partiel est contraint. Soit parce que l’emploi disponible n’est offert qu’à temps partiel (83 % des emplois qui ne sont offerts qu’à temps partiel sont des emplois dits « féminins »). Soit — et c’est alors plus sournois parce que souvent perçu comme un réel choix — il s’agit de pallier individuellement les manquements collectifs, comme par exemple le manque de milieux d’accueil pour les tout-petits, pour les personnes handicapées ou pour les aînés en perte d’autonomie. Et ce sont les femmes qui s’en chargent. D’une part, parce qu’elles sont socialisées de manière à prendre davantage soin des autres, d’autre part pour des raisons économiques. En effet, si l’on regarde la proportion des salaires les plus élevés (plus de 150 euros/jour), quel que soit le secteur, celle-ci reste plus importante chez les hommes. Dans les couples hétérosexuels où Monsieur gagne plus que Madame, les comptes du ménage sont vite faits.
Ce sont donc les femmes qui prennent en charge le travail reproductif et gratuit au service de la collectivité. Enfin gratuit… Oui, elles travaillent gratuitement. Mais ce travail a un coût : leur appauvrissement financier, d’abord sur leur salaire mais aussi sur leur pension. Ce qui entraîne aussi une plus grande insécurité des femmes : il est plus difficile de mettre fin à une relation quand notre survie financière en dépend.
Et ce n’est pas avec le désinvestissement programmé des services publics qui sont fragilisés, sous-financés et qui peinent à mener à bien leur mission, que les individus, et donc dans la majorité des cas, des femmes, ne seront plus contraintes de prendre le relais.
60 % des malades de longue durée sont des femmes
En Belgique, le nombre de malades de longue durée n’a jamais été aussi élevé : plus de 520.000 personnes sont concernées. 1/3 pour des maladies liées à la dépression ou au burn-out et 1/3 pour des troubles musculo-squelettiques. On le sait, ces maladies sont le plus souvent liées à la dégradation des conditions de travail. Parmi ces malades de longue durée, 60 % sont des femmes car elles sont davantage exposées aux maladies psychosociales ou aux traumatismes, en raison notamment de leurs fonctions. La solution, selon notre gouvernement ? « Responsabiliser les individus », « activer » les personnes au chômage ou en incapacité de travail. Oui, vous êtes malade, mais il y aura toujours bien moyen de vous presser un peu plus pour extraire la dernière goutte de productivité de votre corps, non ? On est loin d’une réflexion sur le monde du travail pour permettre à chacun de remplir son frigo sans y laisser sa peau…
Tout cela vous révolte ? Petit relevé non exhaustif des initiatives qui se dérouleront près de chez vous le 8 mars pour protester contre les attaques faites aux femmes :
Liège : Pour la 9e année consécutive, la plateforme Collectives et Ardentes organise la Cycloparade féministe à Liège. Rendez-vous au Trinkhall (Parc d’Avroy) dès 11h pour l’ouverture du village associatif et des animations. À 13h30, prises de parole, chorales et animations avant le départ, à 14h30, de la Cycloparade.
Bruxelles : La Marche du 8 mars prendra son départ à 14h depuis la Gare Centrale (Place de l'Albertine). Un village féministe avec stands, ateliers et performances ouvre dès 11h sur place, suivi d'un concert à 15h30 Place de l'Albertine.
Namur : Rendez-vous dès 14h Place des Arts pour un moment de joie militante teintée de revendications. Le départ de la Marche et les prises de parole féministes auront lieu à 15h. Parcours adapté PMR et présence d'un interprète en langue des signes. Après la manif, à 19h, rendez-vous au Centre culturel de Namur pour le concert de Friday Frida.
Charleroi : Les « Femmes de Mars » organisent un grand rassemblement (village, petit-déjeuner et manif dès 9h-11h, Place Vauban), axé sur la lutte féministe et des actions dans l'espace public.
Libramont : Une marche familiale de 7,5 km est organisée par la FGTB Luxembourg à Libramont. Elle se déroulera de 9h00 à 16h00 au départ de la gare, proposant des activités ludiques et éducatives sur l'histoire des droits des femmes.