Le 10 février 2026, Liège ne se mettra pas simplement en grève : elle s’inscrira dans une histoire de luttes. De l’hiver 1960-61 en passant aux combats des ouvrières de la FN aux combats pour la sidérurgie, la mobilisation fait partie de l’ADN de la Cité ardente. Aujourd’hui, c’est contre la précarisation du travail, l’asphyxie des services publics et le démantèlement du monde associatif et des solidarités que travailleur.euse.s et société civile s’indignent et lèvent, dans le sillage de celles et ceux qui refusaient déjà l’injustice sociale.
Les revendications qui s’exprimeront dans les rues de Liège dépassent le cadre local. Défense des conditions de travail, financement pérenne du non-marchand, respect des libertés syndicales et associatives, anti-impérialisme : ces combats sont partagés en Europe. De la France à la Hongrie, en passant par le Royaume-Uni, les restrictions au droit de grève et de protestation se multiplient.
La mobilisation liégeoise est également portée par une jeunesse héritière du passé et de nouveaux combats : décolonialisme, antifascisme, justice climatique, féminisme, droits des minorités, refus de la précarité comme horizon, pacifisme. Dans les organisations de jeunesse, les maisons de jeunes, les lieux de rassemblements de jeunes et les universités notamment, les jeunesses exercent leur esprit critique, renforcent leur pensée complexe, établissent des connexions entre mémoire sociale, politique, économique et exigences contemporaines ("Le seum des jeunes").
La grève du 10 février rappelle que les droits se défendent par l’action collective. Inscrite entre la marche pour la jeunesse du 25 janvier et la manifestation nationale du 12 mars, elle confirme Liège comme ville non résignée et insoumise.