Jeu de cartes Les pédagogies actives... des fausses idées à déconstruire

Jeu de cartes <em>Les pédagogies actives... des fausses idées à déconstruire</em>

Le groupe École des CEMÉA a mis à jour récemment son jeu de cartes qui questionne quelques idées préconçues sur les pédagogies actives : "ça ne convient pas à tout le monde", " c'est tout faire passer par le jeu", "c'est le monde des bisounours", "ça n'évalue pas les enfants", "c'est pour les bobos" "c'est l'adulte qui perd le pouvoir"... Autant de phrases souvent entendues que le Groupe École des CEMÉA a souhaité déconstruire.

Au C-paje, asbl ayant son origine dans le monde des terrains d'aventures, hauts lieux de pédagogie active, on s'est emparé de ce jeu de cartes pour le passer à la moulinette du regard de deux travailleuses du C-paje : la compagne d'un enseignant mode pédagogie active et la maman d'un enfant étant passé de la pédagogie active à l'enseignement traditionnel. Jade et Cécile vous partagent leurs avis ci-dessous.

"En tant que compagne d'enseignant dans une école à pédagogie active (et prof de CPC en plus...il y en en a qui aiment souffrir) j’ai régulièrement l’occasion de me confronter aux préjugés sur la question, et force est de constater qu’ils tournent toujours autour des mêmes thématiques : chasse gardée des bobos, enfants lâchés en classe façon macaques dans une bananeraie, profs mous du bulbe option feignasse… Le jeu de cartes des CEMEA reprend les 20 clichés les plus communs en les déconstruisant, point par point, et en présentant de manière concise et simple les principes qui sous-tendent les pédagogies actives. Un chouette outil pour questionner ses représentations ou aider une personne travaillant avec une pédagogie active à démonter les préjugés autour de son travail. Pour terminer, et rebondir sur une des cartes, je ne sais pas si les pédagogies actives conviennent forcément à tous les enfants. Par contre, je sais que les pédagogies traditionnelles gagneraient à s’inspirer de la philosophie participative et autonomisante des pédagogies actives, parce que former des futurs citoyens, ce n’est pas gaver un enfant de matière façon canard avant les fêtes ; c’est avant tout lui apprendre à réfléchir par soi-même et à s’investir dans la vie en société."

"Mon fils a débuté sa scolarité en pédagogie active, dans une école en ville. Pour cause de déménagement à la campagne, il est passé en 2ème primaire à l'enseignement traditionnel, dans une toute petite école de village. Le nombre d'enfants de sa nouvelle école équivalait, à peu de choses près, à la taille de sa classe en ville. Mon fils était inquiet de perdre ses copains ; moi j'étais inquiète du changement de pédagogie. Alors qu'il entame aujourd'hui sa 4ème primaire, je vois que mon fils est épanoui, a toujours son esprit critique, remet les choses en questions, est curieux et, quand il a terminé un exercice en classe, s'en invente un autre. A ses débuts dans sa nouvelle école, je déplorais un peu le manque de place pour sa sensibilité et son besoin de moment seul avec lui ; ce qui faisait son équilibre dans sa classe modulable en Freinet. Tout comme le passage des autoévaluations en mode smiley à celle des points sur les feuilles ou du "tableau attitude" affiché à la vue de tous en classe, où les noms des enfants se distribuent sur une échelle du "Très bien" à "Reprend toi". La difficulté aussi de s'ériger contre une injustice, du moins d'en parler devant les enseignants et gardiennes. Mais il m'en parle maintenant à la maison et moi je reviens donc vers le personnel scolaire.
Je pense qu'une des limites de ce jeu de cartes est la dichotomie comme sur la carte 12 "L'école traditionnelle prépare les enfants à être performants..." C'est le discours que je tenais sûrement quand mon fils était en Freinet. Dans la petite école où il est aujourd'hui, je vois effectivement des éléments discriminants (mais sans doute inconscients, comme j'en voyais d'ailleurs aussi en Freinet), mais aussi des niveaux d'élèves tellement différents, des grands écarts en terme de besoin d'attention et de matières. Des prises en charge individualisées. Je vois des enseignants qui font de leur mieux je pense, mais dont les manuels scolaires sont jonchés d'erreurs et de passéismes, parfois. Je ne sais pas quoi est la responsabilité de qui. Je sais juste que chaque enseignant, dans la limite de ce que lui permet sa direction, est porteur d'une pédagogie, de valeurs, d'une façon de transmettre et de (re)questionner, d'évaluer, de faire groupe..avec le parent comme avec l'enfant.
Et je suis convaincue qu'une idée préconçue est une barrière à l'action. Alors je tente d'en avoir le moins possible et de soigner mes alliances éducatives."

Pour vous faire votre propre idée, ce jeu est téléchargeable gratuitement ou est vendu en version papier. Plus d'infos sur cette page >>

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Actualité rédigée par
Jade et Cécile

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